Hôpital Maisonneuve-Rosemont Université de Montréal

La greffe allogénique

Qu’est-ce que la greffe allogénique ?

Dans l’allogreffe, ou greffe allogénique, le donneur et le receveur sont deux personnes différentes.

L’allogreffe est plus complexe que la greffe autologue puisqu’il existe une différence de patrimoines génétiques entre le donneur et le receveur. C’est ce que l’on appelle l’histocompatibilité, ou plus simplement la compatibilité HLA. Le donneur et le receveur doivent être « HLA compatibles ». Évidemment, il y a plus de chances de trouver un donneur HLA compatible dans la famille immédiate du receveur puisque les gens d’une même famille ont en commun un certain bagage génétique. Lorsqu’il n’y a pas de compatibilité suffisante avec un membre de la fratrie, les médecins se tournent vers les banques de donneurs non apparentés ou vers les banques de sang de cordon.

Greffe allogénique myéloablative (destruction de la moelle osseuse)

La greffe myéloablative consiste, dans un premier temps, à détruire, par une chimiothérapie et/ou une radiothérapie à forte intensité, les cellules hématopoïétiques du receveur avant de transplanter ou d’injecter les cellules souches saines d’un donneur. Dans cette stratégie thérapeutique, la chimiothérapie à forte intensité détruira les cellules tumorales résiduelles, le système sanguin du patient à l’origine de la maladie et son système immunitaire. Le système immunitaire du patient, incapable d’identifier les cellules cancéreuses anormales, est remplacé par celui du donneur qui possède, lui, la faculté de lutter contre ces cellules. Par cette approche, on stimule la réaction du greffon contre la tumeur (GVL).

La greffe myéloablative est indiquée pour les cancers ou maladies avec atteinte de la moelle osseuse, c’est-à-dire les myélodysplasies, les leucémies, l’aplasie médullaire et les syndromes myéloprolifératifs.

Greffe allogénique non myéloablative

La greffe non myéloablative évite ici la chimiothérapie à haute intensité. Avant la greffe, on administre plutôt au patient un traitement immunosuppresseur afin de lui permettre d’accepter ou de tolérer le greffon. On bloque ainsi l’action des lymphocytes du receveur afin d’éviter un rejet puisque normalement son système immunitaire s’attaquerait au greffon qu’il reconnaîtrait comme un intrus. Avec cette stratégie, on donne des outils supplémentaires au patient pour qu’il puisse lutter lui-même contre sa maladie (effet greffon versus tumeur) tout en évitant la toxicité d’une chimiothérapie à forte intensité.

La greffe non myéloablative est recommandée chez les patients plus âgés ou chez ceux qui ont d’autres maladies en plus de leur maladie hématologique (comorbidités), rendant une chimiothérapie à fortes doses risquée. On la recommande aussi lors de maladie indolente ou se développant lentement.

Les complications reliées à la greffe allogénique

Les principaux risques reliés à la greffe allogénique sont la toxicité du protocole de conditionnement dans le cas de la greffe myéloablative, les risques de rejet et la réaction du greffon contre l’hôte (GVH). Il existe également des risques de complications infectieuses dans les deux types de greffe allogénique.

La GVL : grand avantage de la greffe allogénique

La réaction du greffon contre la tumeur (GVL, graft versus leukemia) est la réaction ultime que l’on cherche à provoquer avec une greffe allogénique.

Rappelons que l’intérêt de la greffe allogénique est de remplacer le système immunitaire déficient du patient par le système immunitaire sain d’un donneur.

Quel est le principe derrière la réaction du greffon contre la tumeur ? Les globules blancs contenus au sein du greffon, principalement les lymphocytes T, ont la capacité de reconnaître les cellules tumorales restantes chez le receveur et de les détruire. Le patient peut alors lutter lui-même contre sa maladie. Il conservera également ce nouveau système immunitaire toute sa vie, ce qui réduira considérablement les risques de rechute.

Le taux de succès

Le taux de succès d’une greffe allogénique dépend de plusieurs facteurs : la compatibilité HLA du donneur et du receveur; le type de maladie et son stade; la santé générale du receveur; etc. Il est donc très délicat d’indiquer ici les chances de réussite d’une greffe allogénique. Le médecin traitant peut cependant, pour chaque patient, évaluer les risques et les bénéfices de la procédure et le taux de survie sans récidive de maladie.