Hôpital Maisonneuve-Rosemont Université de Montréal

La greffe autologue

Qu’est-ce que la greffe autologue ?

Aussi appelée autogreffe, la greffe autologue consiste à prélever des cellules souches chez un patient et à les lui réinjecter après un traitement de chimiothérapie et/ou radiothérapie à forte intensité destiné à éliminer des cellules tumorales résiduelles, résistantes aux traitements standards.

La greffe comporte essentiellement trois étapes :

  1. le prélèvement des CSH du patient pour constituer un greffon qui sera nettoyé, si nécessaire, des cellules malades, puis congelé en attendant la greffe;
  2. la destruction des cellules tumorales ou malades dans le corps du patient par chimiothérapie et/ou radiothérapie à forte intensité;
  3. la transplantation ou l’infusion du greffon au patient, ce qui lui permet de reconstruire un système immunitaire et des cellules sanguines saines.

On préconise la greffe autologue pour permettre au patient de recevoir un traitement de chimiothérapie et/ou de radiothérapie à forte intensité. Le prélèvement de ses cellules souches vise donc ici à les protéger des effets néfastes de la chimiothérapie et/ou de la radiothérapie. La greffe lui permet ensuite de récupérer et de reconstruire son système sanguin et immunitaire après ce traitement intensif.

Le patient, dont le système de défense a été fortement ébranlé par le traitement intensif, doit demeurer en isolement pour le préserver de toute infection. Il est alors dépendant de transfusions sanguines pour soutenir son système sanguin jusqu’à la reprise du greffon. Des antibiotiques lui sont également administrés à titre préventif.

Une greffe autologue est donc une greffe où le patient est à la fois donneur et receveur.

Indications de greffe autologue

La greffe autologue est recommandée lorsque le patient est en rémission ou lorsque sa maladie est minime. Ces maladies sont principalement le myélome multiple, les lymphomes de Hodgkin et non hodgkiniens, certaines tumeurs solides et les maladies auto-immunes.

Les avantages de la greffe autologue

Avec une greffe autologue, il n’y a bien sûr aucun risque de rejet, puisque le patient reçoit ses propres cellules. Ses globules blancs ne risquent donc pas de reconnaître le greffon comme un intrus et de l’attaquer pour l’éliminer. Ceci permet un rétablissement plus rapide du patient et lui évite, par la suite, de devoir ingérer des immunosuppresseurs ou des médicaments antirejet.

Les complications reliées à la greffe autologue

Malgré l’énorme avantage que représente l’impossibilité de rejet du greffon, l’autogreffe n’est pas sans risque.

Les risques les plus importants sont liés au traitement de chimiothérapie et/ou de radiothérapie pré-greffe. Comme il s’agit de traitements de forte intensité qui visent à éliminer des cellules tumorales résistantes aux doses standards, ces fortes doses détruisent du même coup le système de défense et immunitaire, le patient est donc à risque de complications infectieuses et de complications reliées à la toxicité de la chimiothérapie/radiothérapie. Il y a également les risques de récidive ou rechute de la maladie initiale.

Le taux de mortalité

Le taux de mortalité d’une greffe autologue est de moins de 5% dans les meilleurs centres de greffe. Les décès qui surviennent à la suite d’une greffe autologue sont surtout constatés chez les patients plus âgés qui présentent d’autres problèmes de santé en plus de leur maladie hématologique.

Le taux de survie

Le taux de survie sans récidive de maladie dépend du type de maladie pour laquelle la greffe a été effectuée.