Hôpital Maisonneuve-Rosemont Université de Montréal

Témoignages

Témoignage du fellowship : Dre Marie Detrait

Arrivée en août 2007, à Montréal, après cinq années de spécialisation en Médecine Interne à Bruxelles, dont trois en Hématologie, pour réaliser un fellowship en greffe de moëlle et ainsi terminer mon D.E.S. en Hématologie, j’ai découvert de multiples facettes de Montréal qui m’étaient jusqu’alors inconnues. À travers les quartiers, parcs, ambiance de restos et cafés, j’ai découvert une grande ville nord-américaine colorée, cosmopolite, à majorité francophone mais où l’anglais occupe une place importante. Une ville culturellement active puisque j’ai pu voir à travers ces deux ans des spectacles aussi variés qu’Akram Khan et Juliette Binoche avec Danse Danse, le cirque Eloïse, écouter différents groupes au festival de jazz, rencontrer plusieurs auteurs Québécois et Français au Salon du Livre et voir de nombreuses pièces de théâtre. Finalement, j’ai eu la chance de vivre dans une ville bien organisée où les services sont faciles et accessibles en tout temps.

J’ai passé deux ans au rythme de saisons qui sont beaucoup plus marquées qu’en Europe. Le fleuve, l’humidité, une luminosité particulière, des couleurs intenses, surtout en automne, et bien sûr le froid rigoureux en sont les principales caractéristiques. Un hiver rude et un été humide sont sans doute les deux extrêmes auxquels il faut s’habituer. Les Canadiens, jamais avares de conseils, vous donnent des points de repère et vous guident pour bien passer ces caps. Il est assez facile de sympathiser et les rapports sont très francs comme dans l’idée que nous nous faisons de l’Amérique du Nord en Europe. Des différences existent bien sûr avec l’Europe, mais celles-ci, après un petit temps d’adaptation, s’estompent progressivement. Le Français vous réservera certainement des surprises, mais « n’ayez pas la mèche courte » car, la plupart du temps, on vous expliquera les expressions et les différences.

Venons-en au stage en lui-même. Outre l’expérience professionnelle que l’on acquiert, il faut mentionner l’exposition aux patients particulièrement importante via les rotations de stage et la clinique longitudinale. La progression des connaissances et de la pratique se fait par étape guidée selon les superviseurs. Sans doute difficile au début pour quelqu’un qui n’a pas vraiment eu d’expérience en greffe, elle demeure néanmoins tout à fait accessible, même si des difficultés d’organisation sont parfois très apparentes.

L’enseignement est très certainement la première très grande qualité de ce stage et je voudrais ici, puisque l’occasion m’en est donnée, remercier à ce propos Dr Cohen et Dr Busque.

La deuxième qualité est le temps consacré à la recherche et aux publications en deuxième année. Je pense que l’approche est vraiment différente d’une personne à l’autre selon le moment où le fellow intervient dans la formation. Boursière de la fondation Cole, je me suis sentie en décalage avec mes co-boursiers au moment de présenter les résultats de recherche en juin 2008 ce qui était beaucoup trop prématuré par rapport à l’avancement des projets puisque la première année du fellowship était consacrée essentiellement à la clinique. Les objectifs doivent en tenir compte car tant en Europe qu’en Amérique du Nord, dans notre spécialité, les publications sont très importantes, que ce soit pour obtenir un agrément ou un diplôme et finalement trouver une place.

Au terme des deux ans, cette mésaventure de la présentation des résultats à la fondation Cole a été rattrapée et cet objectif finalement bien respecté. Je remercie mes deux superviseurs Dr Jean Roy et Dr Denis-Claude Roy qui m’ont permis de rédiger des articles, de les publier et de les présenter correctement grâce à leurs précieux conseils notamment au congrès de l’AMHOQ mais aussi à Bruxelles lors de la présentation de mon mémoire de fin d’étude en Hématologie.

Toute cette expérience, qu’elle soit clinique, pratique et scientifique, ne peut s’acquérir que de cette façon : au sein d’une équipe motivée et professionnelle, et sans aucun doute, bonifiera-t-elle au cours du temps. Je ne peux que recommander une telle expérience à quelqu’un de motivé et d’un peu téméraire, prêt à aller vivre à l’étranger, voir comment on travaille ailleurs ou pour apprendre une spécialité.

Je voudrais finir ce témoignage par des remerciements à toute l’équipe médicale et aux associés (pharmaciens, diététistes, physiothérapeutes, infirmières, commis et secrétaires) qui composent cette très belle équipe du service d’Hématologie de l’Hôpital Maisonneuve Rosemont ainsi qu’à mes deux collègues de fellow (Dr Ahmad et Dr Sabry) et enfin à tous les résidents que j’ai connus pour leur gentillesse, le support et la confiance qu’ils m’ont infailliblement accordés.